
FORBACH: le théâtre ferme le rideau mais la véritable pièce se joue à la mairie !
Le monde du théâtre amateur forbachois traverse une période particulièrement difficile. En raison d’un décret préfectoral lié aux fortes chaleurs, les spectacles prévus ce week-end, du vendredi au dimanche, ont été annulés. Une décision indépendante de la volonté de l’École municipale de théâtre Jacques-Ropital, qui espère pouvoir reprogrammer les représentations.
Premier acte : un décret préfectoral tombe en raison des fortes chaleurs. Les spectacles du week-end sont annulés. Personne ne peut lutter contre une canicule, pas même les meilleurs comédiens. Rideau.
Une crise bien plus profonde
Mais derrière cette annulation se cache une situation autrement plus préoccupante. Les enseignants et salariés de l’École municipale de théâtre Jacques-Ropital dénoncent une grande incertitude concernant l’avenir de l’établissement. Selon leur communiqué, le retrait de la Ville du groupement d’employeurs qui assurait le fonctionnement de l’école entraîne aujourd’hui le licenciement économique de l’ensemble du personnel.
À quelques jours de l’échéance de leurs contrats, les salariés affirment n’avoir reçu aucune information officielle concernant une éventuelle reprise de leurs emplois, ni sur l’organisation de la prochaine rentrée scolaire. Malgré plusieurs sollicitations adressées à la municipalité, ils indiquent être toujours sans réponse.
En clair : 230 élèves attendent de savoir s’ils auront encore une école dans quelques semaines. Un détail pour certain …
Cette absence de visibilité inquiète fortement les familles. L’École municipale de théâtre accueille près de 230 élèves, enfants, adolescents et adultes, qui ignorent aujourd’hui dans quelles conditions les cours pourront reprendre en septembre. L’équipe pédagogique, les partenaires culturels ainsi que de nombreux anciens élèves redoutent qu’un outil culturel majeur de la ville ne soit fragilisé.
Mairie : le théâtre de l’absence. Le décor est magnifique, les acteurs disparaissent, le public attend … Applaudissements, ou pas ?
– À Forbach, on connaît les inaugurations, les discours bien tricotés, les mises en scène sur les réseaux, les photos devant les caméras, les promesses culturelles, la richesse pour tous … Oups, ha non, pour ça faut être leurs copains !
– En revanche, lorsqu’il s’agit de répondre aux enseignants, aux familles et aux salariés concernés, le silence semble avoir été choisi comme discipline artistique.
Une culture à géométrie variable ?
On nous répète régulièrement que la culture est une priorité. À entendre les discours, Forbach serait presque la capitale européenne des arts. Mais lorsqu’une école municipale entière se retrouve dans le brouillard, les grandes déclarations semblent soudain perdre de leur voix. Car derrière les communiqués officiels et les belles formules se cachent des femmes et des hommes qui enseignent depuis parfois de nombreuses années.
Une mobilisation annoncée
Faute d’obtenir des réponses, les enseignants, les familles, les anciens élèves et leurs soutiens ont choisi une autre scène, la rue. Une manifestation est organisée lundi 20 juillet à 14 h 30, devant l’École municipale de théâtre Jacques-Ropital à Forbach. L’objectif est d’obtenir des réponses claires sur l’avenir de l’établissement, le maintien des emplois et les conditions de la prochaine rentrée. Cette mobilisation intervient dans un contexte où de nombreuses voix s’élèvent pour rappeler le rôle essentiel que joue cette école dans la vie culturelle forbachoise depuis de nombreuses années. En attendant d’éventuelles annonces officielles de la ville, les spectacles restent suspendus et l’incertitude demeure pour les élèves comme pour leurs enseignants.
Le mot de la fin
Le théâtre apprend à écouter, dialoguer, transmettre des émotions. L’administration semble parfois préférer les monologues. À Forbach, cette fois le rideau n’est pas tombé parce que les acteurs avaient terminé leur représentation. Il est tombé parce que personne ne semble avoir pris la peine d’écrire le deuxième acte. Et comme dans toutes les mauvaises pièces, ce sont rarement les metteurs en scène qui paient le prix de l’improvisation, ce sont les comédiens et le public.
David SCHMIDT





