Portrait

Régis Mihelic

Quand un accident ouvre la porte à la création

À 50 ans, Régis Mihelic regarde son parcours artistique avec le recul de celui qui a déjà quinze années de peinture derrière lui. Pourtant, rien ne le destinait forcément à devenir artiste. La peinture est arrivée dans sa vie de manière inattendue, à la suite d’un accident qui allait profondément bouleverser son quotidien.

Autodidacte, Régis a alors trouvé dans la création un moyen de s’exprimer, mais aussi une nouvelle façon de regarder le monde. Au fil des années, ce qui n’était peut-être au départ qu’une découverte est devenu une véritable passion. Il expérimente, apprend, change de techniques et laisse son univers artistique évoluer au gré de ses expériences et de ses émotions.

Des murs comme terrain de jeu

Parmi les différentes facettes de son travail, les fresques occupent aujourd’hui une place particulière.

Régis aime le rapport à l’espace, aux murs et aux lieux. Une fresque ne se contente pas d’être accrochée quelque part : elle transforme directement son environnement. Elle permet de jouer avec les volumes, les formes, les couleurs et l’imaginaire. Pour lui, chaque nouveau mur représente donc une aventure différente. Un nouvel espace à apprivoiser, une nouvelle histoire à raconter et surtout une nouvelle occasion de repousser les limites de sa créativité.

Peindre avec un regard différent

Mais Régis possède une particularité qui pourrait, à première vue, sembler paradoxale pour un peintre : il est daltonien.

Pour autant, il ne considère pas cette particularité comme un obstacle. Avec le temps, il a développé sa propre perception des couleurs et appris à construire un langage visuel qui lui appartient. Cette différence fait aujourd’hui partie intégrante de son identité artistique. Elle influence nécessairement son rapport aux couleurs et participe à cette manière personnelle qu’il a de composer ses œuvres. Là où certains pourraient voir une contrainte, Régis a donc choisi d’en faire une composante de son univers.

Ne jamais se laisser enfermer dans un style

Après quinze années de pratique, Régis ne revendique pas un style figé, au contraire.

Il continue d’apprendre, d’expérimenter et de chercher.

Son travail évolue avec lui, au fil de ses découvertes, de ses expériences et de son regard sur le monde. Il préfère explorer plutôt que de se laisser enfermer dans une seule manière de peindre. Cette curiosité est sans doute l’un des moteurs de son parcours. Car pour Régis, être artiste ne signifie pas avoir définitivement trouvé sa façon de créer. C’est aussi accepter de continuer à chercher.

Laisser une trace

Derrière les tableaux et les fresques, il y a finalement une démarche profondément personnelle.

Peindre, c’est transmettre quelque chose. Une émotion, une vision, un morceau de soi.

C’est aussi laisser une trace et partager avec les autres une partie de son univers. Quinze ans après ses débuts, Régis Mihelic continue donc de peindre avec cette même curiosité qui l’a accompagné au commencement. L’accident qui avait bouleversé sa vie aura finalement ouvert une porte vers un monde qu’il n’aurait peut-être jamais imaginé découvrir.

Et aujourd’hui, cette aventure artistique continue de s’écrire, couleur après couleur, mur après mur, avec une question qui reste ouverte : jusqu’où sa créativité pourra-t-elle encore le conduire ?

David SCHMIDT

Journaliste/Reporter

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