Portrait

Julie et Marine

Deux parcours, une rencontre et une même envie de rendre l’inclusion accessible

Parfois, les beaux projets commencent presque par hasard. Une rencontre, quelques échanges, deux parcours différents… et une idée qui finit par prendre forme. C’est exactement ce qui s’est passé entre Julie et Marine.

Leur histoire commence en octobre 2025, lors d’une assemblée générale. Julie y rencontre Marine, mais n’a pas réellement l’occasion d’échanger avec elle ce jour-là. Quelques jours plus tard, elle décide donc de la contacter sur les réseaux sociaux.

Son objectif est de se présenter, mais surtout lui parler de son intérêt pour son parcours et son regard de docteure en psychologie de l’enfant. La réponse de Marine ne se fait pas attendre. Elle lui propose de se rencontrer, convaincue elle aussi que leurs deux univers pourraient être complémentaires.

Une première rencontre qui va finalement donner naissance à un projet bien plus ambitieux.
Deux compétences qui se complètent. Durant plusieurs mois, le projet reste en réflexion. L’année scolaire 2025-2026 est particulièrement chargée pour toutes les deux et ne leur permet pas de véritablement passer à l’action.

C’est finalement en juillet 2026 que les choses s’accélèrent.
Julie et Marine commencent réellement à travailler ensemble et font émerger une idée : créer une série de fiches baptisée « Quesaco ».
Le principe est volontairement simple : expliquer.

Expliquer ce que sont certains troubles ou profils particuliers, comment ils peuvent se manifester, comment les repérer, quelles démarches peuvent être entreprises pour obtenir un diagnostic et quels professionnels peuvent accompagner les enfants et leurs familles.

Derrière cette idée se trouve un constat : certains termes sont désormais largement utilisés dans notre quotidien, sans que leur véritable signification soit toujours comprise.
D’un côté, l’expertise scientifique. De l’autre, la création et la transmission visuelle.

TDAH, TSA, HPI, HPE, DYS, TOP…
Ces acronymes circulent dans les discussions, sur les réseaux sociaux et parfois même dans les cours d’école. Pourtant, derrière ces quelques lettres se cachent des réalités complexes.

Et surtout, chaque enfant est différent.

L’objectif de Julie et Marine n’est donc pas de poser des diagnostics à travers leurs fiches, encore moins de transformer Internet en cabinet médical. Leur ambition est de proposer des informations accessibles, compréhensibles et suffisamment fiables pour permettre aux familles et aux professionnels de mieux comprendre certaines situations.

La vulgarisation comme outil de sensibilisation

Avec « Quesaco », les deux créatrices veulent faire de la vulgarisation scientifique.
Le contenu scientifique est développé par Marine, tandis que Julie prend en charge la conception des fiches et l’ensemble de leur univers visuel. Des vidéos accessibles grâce à des QR codes viennent également compléter les supports.

Une organisation qui permet à chacune de mettre son savoir-faire au service d’un objectif commun.

Le résultat recherché est une information qui ne s’adresse pas uniquement aux spécialistes.
Parce qu’une famille qui se pose des questions n’a pas forcément envie de lire un document de plusieurs dizaines de pages rempli de termes techniques. Elle veut d’abord comprendre ce qui peut se passer, savoir vers qui se tourner et surtout ne plus avoir l’impression d’être seule face à ses interrogations.

Si ce projet est particulièrement important pour Marine, il ne doit rien au hasard.
Avant de devenir docteure en psychologie de l’enfant, elle a été enseignante. Au cours de son parcours professionnel, elle a rencontré de nombreux enfants confrontés à des difficultés liées aux troubles du neurodéveloppement, au harcèlement scolaire ou encore à l’absence de diagnostic et d’accompagnement adapté.

Elle a également vu les difficultés auxquelles leurs parents pouvaient être confrontés.
Car derrière un enfant en difficulté, il y a souvent une famille qui cherche des réponses.

Son histoire personnelle va ensuite renforcer cette volonté de comprendre.
Son fils est diagnostiqué avec un trouble du neurodéveloppement. Cette étape conduit Marine à entreprendre elle-même un parcours diagnostique. À l’âge adulte, elle découvre alors qu’elle est elle aussi concernée.
Un bouleversement personnel qui va profondément modifier son parcours.

Plutôt que de subir cette découverte, Marine décide d’en faire une force. Elle reprend ses études et se spécialise dans le développement de l’enfant, l’inclusion scolaire et les troubles du neurodéveloppement.
Aujourd’hui, elle accompagne des enfants et leurs familles en cabinet. Son objectif est finalement très humain : apporter aux autres ce qu’elle aurait aimé pouvoir trouver plus tôt dans son propre parcours.

Elle défend une conviction forte, mieux comprendre un enfant aujourd’hui peut contribuer à lui permettre de devenir demain un adulte plus épanoui. Julie, de la création de ressources à l’inclusion. Le parcours de Julie est différent, mais il l’a progressivement conduite vers la même préoccupation.
Depuis mai 2025, elle oriente son travail vers l’inclusion.

Après avoir consacré une année à la création de ressources généralistes, elle reçoit de nombreux messages de parents confrontés à des difficultés avec leurs enfants. Ces témoignages vont lui faire prendre conscience d’un véritable besoin. Des ressources existent, mais elles ne sont pas toujours faciles à trouver, suffisamment accessibles ou adaptées aux enfants présentant des profils atypiques. Julie commence alors à développer des supports autour de différentes problématiques, notamment la dyslexie.

Avec « Quesaco », elle souhaite désormais aller plus loin et diversifier son travail afin de proposer davantage de ressources aux enfants et aux familles. Une manière, à son échelle, de répondre à un manque qu’elle a elle-même constaté. Ne pas confondre information et diagnostic, c’est aussi l’un des enjeux importants du projet. À une époque où les réseaux sociaux permettent de trouver énormément d’informations en quelques secondes, les deux jeunes femmes veulent contribuer à remettre un peu de clarté dans un univers parfois brouillon. Parce qu’un enfant qui bouge beaucoup n’est pas automatiquement TDAH.

Un enfant qui apprend différemment n’est pas forcément « DYS ».
Et utiliser un terme comme HPI ou TSA ne doit jamais remplacer l’avis d’un professionnel. La vulgarisation doit justement permettre de mieux comprendre ces réalités, sans coller trop rapidement une étiquette sur un enfant.
Comprendre n’est pas diagnostiquer. Informer, c’est permettre de mieux observer et, lorsque cela est nécessaire, de chercher de l’aide.

Une rencontre qui devient un projet. Au départ, il y avait simplement une rencontre lors d’une assemblée générale. Puis un message sur les réseaux sociaux. Puis une discussion. Et finalement, deux parcours qui se croisent et se complètent. Marine apporte son expérience de terrain, son parcours scientifique et son regard de psychologue de l’enfant. Julie apporte sa créativité, son travail autour des ressources pédagogiques et sa volonté de rendre les informations accessibles au plus grand nombre. Ensemble, elles construisent aujourd’hui un projet qui dépasse la simple création de fiches.

Avec « Quesaco », leur ambition est de contribuer à une meilleure compréhension des troubles du neurodéveloppement, de favoriser la sensibilisation et, surtout, de rappeler une chose essentielle : derrière chaque diagnostic, chaque difficulté et chaque comportement, il y a avant tout un enfant, une personnalité et une histoire. Et parfois, pour faire avancer les choses, il suffit simplement que deux personnes décident de mettre leurs compétences en commun. Une rencontre presque due au hasard. Deux parcours complémentaires. Et une même envie, rendre l’inclusion plus compréhensible et plus accessible.

David SCHMIDT

Journaliste/Reporter

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