
École municipale de théâtre Jacques-Ropital
Merci, au revoir et bonjour les suivants !
Il paraît que le théâtre, c’est l’art de la mise en scène. À Forbach, la municipalité semble avoir poussé le concept un peu plus loin. On démonte le décor, on fait sortir les acteurs, puis on lance le casting.
Pendant des mois, les salariés de l’École municipale de théâtre Jacques-Ropital ont entendu le même refrain :
“ Tout sera fait pour préserver les emplois.”
Une belle promesse, touchante même.
Puis est venu le deuxième acte : le silence.
Et voici le troisième : une offre d’emploi flambant neuve pour recruter un directeur ou une directrice.
Quelle surprise …
On nous expliquait hier que la sortie du groupement d’employeurs GEODES entraînait inévitablement le licenciement de toute une équipe. Aujourd’hui, on découvre qu’il y a finalement de la place, mais visiblement plus pour les mêmes personnes.
Une drôle de conception de la continuité du service public.
Pendant vingt-cinq ans, cette équipe n’a pourtant pas fait de la figuration : de 70 à plus de 230 élèves, des spectacles par dizaines, des projets inclusifs, des partenariats, une réputation qui dépassait largement les frontières de Forbach.
Tout cela semblait avoir de la valeur,
jusqu’au jour où ça n’en avait plus.
Le plus étonnant reste peut-être le silence du premier magistrat. À l’heure où ces lignes sont écrites, les salariés expliquent ne toujours pas avoir été reçus pour obtenir des explications directes. Une décision aussi lourde mérite pourtant autre chose qu’un communiqué administratif et quelques éléments de langage soigneusement calibrés.
On appelle cela le respect. Ou plutôt, on l’appelait
Évidemment, personne ne peut affirmer aujourd’hui que ces licenciements avaient pour objectif de faire place à d’autres profils. Ce serait une accusation qui nécessiterait des preuves.
En revanche, chacun est libre de constater une chronologie pour le moins déroutante, on supprime les postes d’une équipe historique, puis on ouvre le recrutement de nouveaux responsables quelques semaines plus tard, histoire de faire postuler les copains.
Les citoyens savent encore additionner deux et deux.
La culture n’est pas une entreprise où l’on change d’équipe comme on remplace une ampoule grillée. Derrière ces licenciements, il y a des femmes et des hommes qui ont consacré une partie de leur vie à transmettre une passion à des centaines de jeunes.
Vingt-cinq ans d’engagement ne s’effacent pas avec une annonce sur Internet. À défaut d’applaudissements, cette histoire risque bien d’offrir à la municipalité une standing ovation de critiques. Le rideau est tombé. Les Forbachois sont désormais installés au premier rang et ils observent attentivement la suite de la représentation.

