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Marianne Laurence, Apprendre pour vivre

Quand l’école peut changer un destin

De l’Allemagne à la France, Marianne Laurence porte un combat autour de l’éducation et de l’accès aux savoirs. Parmi les histoires qui l’ont particulièrement marquée, celle de Moussa, en Guinée, illustre les conséquences que peut avoir l’abandon de la scolarité.

Il y a des histoires qui restent en tête, celle de Moussa en fait partie.

Lorsque Marianne Laurence, fondatrice de l’association « Apprendre pour vivre », nous avait parlé de lui lors d’une précédente rencontre, son parcours avait immédiatement retenu notre attention. Moussa était, lorsqu’il était enfant, un élève brillant. Mais comme beaucoup d’enfants confrontés à des difficultés économiques, la poursuite de ses études n’a pas été possible. L’école a dû laisser place au travail.

Direction la mine, quand l’école s’arrête trop tôt. Pour Moussa, ce qui devait être une solution pour aider à vivre est devenu son quotidien pendant près de vingt ans. Pendant toutes ces années, il a travaillé dans les mines en Guinée. Un travail difficile, physique, dont les conditions sont très éloignées de celles que nous connaissons aujourd’hui en France.

Puis son emploi s’est arrêté, et avec lui, c’est tout un équilibre qui s’est effondré.

Sans diplôme, après vingt années passées dans la mine, Moussa se retrouve aujourd’hui sans véritable solution professionnelle. Une situation d’autant plus difficile qu’il ne bénéficie pas des mêmes mécanismes de protection sociale que ceux qui existent en France. Son histoire pose alors une question simple, mais essentielle : que devient un enfant qui avait les capacités de réussir à l’école, mais qui n’a pas eu la possibilité d’y rester ?

« Apprendre pour vivre » . C’est précisément autour de cette question que Marianne Laurence a choisi de s’engager. Fondatrice de l’association « Apprendre pour vivre », créée en Allemagne et désormais également présente en France, elle souhaite agir autour de l’éducation et donner aux enfants les moyens de construire leur propre avenir.

Pour elle, l’école ne représente pas uniquement l’apprentissage de la lecture, de l’écriture ou des mathématiques. Elle peut aussi représenter une possibilité : celle de ne pas subir entièrement les circonstances de sa naissance. À travers ses actions, l’association cherche ainsi à accompagner des enfants et à leur permettre de conserver cette possibilité de choisir leur avenir.

Une autre réalité du monde minier

Pour mettre en perspective l’histoire de Moussa, DS’MAG a également donné la parole à Christian, ancien mineur en France. Son témoignage permet de mesurer les différences entre deux réalités du travail minier. Christian a connu la mine en France, avec ses difficultés, ses risques et ses conditions de travail particulières. Mais le mineur français bénéficiait également d’un cadre social et professionnel qui n’est pas comparable à celui de Moussa.

La question de l’après-mine est notamment très différente.

En France, le travailleur bénéficiait d’un système de protection sociale et de droits liés à sa carrière. Pour Moussa, la fin de son activité laisse davantage de questions que de réponses. Deux hommes. Deux pays. Deux parcours. Mais un même métier particulièrement éprouvant. Donner une chance avant qu’il ne soit trop tard

L’histoire de Moussa ne doit évidemment pas être réduite à celle d’un homme ayant travaillé dans une mine. Elle raconte aussi celle d’un enfant qui avait des capacités, mais dont la scolarité s’est arrêtée trop tôt. C’est là que le travail de Marianne Laurence prend tout son sens. Car derrière chaque enfant qui reste à l’école, il y a potentiellement un adulte qui pourra demain choisir son métier, défendre ses droits et construire son avenir avec davantage de possibilités.

Apprendre pour vivre.

Un nom d’association qui résume finalement assez bien le message porté par Marianne Laurence : apprendre ne garantit pas un parcours sans difficultés, mais ne pas pouvoir apprendre peut parfois fermer des portes pour toute une vie. L’entretien complet avec Marianne Laurence et Christian est à retrouver sur la chaîne YouTube de DS’MAG.

 

David SCHMIDT

Journaliste/Reporter

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